L’ultime expérience de détachement : Borduas à Paris en 1955

L’ultime expérience de détachement : Borduas à Paris en 1955

  • Auteur(e): Gilles Lapointe
  • Dossier: 50 ans d’échanges culturels France-Québec 1910-1960
  • Type: Article

Extrait

Nul ne peut nier le très vif intérêt que l’artiste Paul-Émile Borduas a porté sa vie durant à la France. À l’instar d’autres artistes importants du Québec, la France s’est révélée très tôt un lieu investi par l’imaginaire, le désir et le fantasme de réussite. Monde de découverte et de sédimentation culturelle, objet d’une rêverie inépuisable, la France se sera présentée à Borduas comme une entité vivante, une terre d’accueil, un milieu exemplairement sensible au fait artistique et à la consécration de la figure de l’artiste. Plus tardivement et de façon non moins symptomatique, la France deviendra pour Borduas, contre toute attente, le pôle d’un désenchantement profond, dysphorique, où il fera l’expérience solitaire d’une division profonde du « moi », où il n’arrivera pas, de son propre aveu « à prendre racine ». Aussi, à l’occasion de cette réflexion collective sur les relations France-Québec, m’a-t-il paru opportun de me pencher sur la face double, diurne et nocturne, du rapport à la France du chef de file de l’automatisme.

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