Alain Deneault, Paradis fiscaux : la filière canadienne, Québec, Écosociété, 2014, 292 p.

Alain Deneault, Paradis fiscaux : la filière canadienne, Québec, Écosociété, 2014, 292 p.

  • Auteur(e): Charles Beaudoin-Jobin
  • Dossier: Hors-dossier
  • Type: Compte rendu

Extrait

À l’aube du XXe siècle, les lois canadiennes régissant les sociétés privées sont si permissives qu’une série d’articles du quotidien français dirigé par Jean Jaurès, L’Humanité, mettent en lumière que « grâce à elles, les hommes d’affaires peuvent drainer l’épargne française au profit d’entreprises plus ou moins illusoires, fonctionnant à l’étranger ». Parus en 1913, ces critiques pionnières ne sont pas anodines. Elles décrivent dans des mots acérés les racines de la crise de 1911 de la Bercelona Traction enregistrée à Toronto avec un capital-actions essentiellement fictif… Le quotidien ne cache point sa profonde indignation quant au stratagème utilisé par les financiers canadiens : « il a fallu jusqu’au Canada pour trouver une législation qui permet la constitution d’une société de 125 millions, dont pas un seul titre n’a été souscrit en espèce, et dont les fondateurs et promoteurs se sont attribué, sans scrupules, 125 millions d’actions. Or, où vont ces 125 millions ? Chez des brasseurs d’affaires, chez des aigrefins de la finance internationale ».

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