Le discours sur l’identité du Canada comme nation dans l’historiographie canadienne-anglaise de la Première Guerre mondiale à aujourd’hui : essai d’interprétation

Le discours sur l’identité du Canada comme nation dans l’historiographie canadienne-anglaise de la Première Guerre mondiale à aujourd’hui : essai d’interprétation

  • Auteur(e): Simon Couillard
  • Dossier: Hors-dossier
  • Type: Article

Extrait 

L’historien Desmond Morton posait la question de l’histoire nationale au Canada en ces termes à la fin des années 1990: «Comment un livre sur le Canada et les Canadiens peut-il être décrit comme une “histoire nationale”, alors qu’il y a au moins “deux nations” et, si nous tenons compte des peuples autochtones, plus de six cents nations à l’intérieur des immenses frontières du Canada ? » La réponse, pour Morton, consistait à renoncer tout simplement à l’étiquette «nationale». «Ma version se proposait de relater quantité d’histoires possibles d’un peuple et d’un pays que la plupart connaissent sous le vocable de Canadien ou Canada », affirmait-il au sujet de son livre, A Short History of Canada. Pour Morton, il serait donc possible de faire l’histoire d’un «peuple canadien», mais non celle d’une «nation canadienne». Nous n’adhérons pas à ce distinguo. L’histoire de Morton est une histoire nationale, au même titre que celle de ses prédécesseurs dont il sera question dans cet article. L’historiographie nationale canadienne implique au départ (caractéristique essentielle) un parti pris en faveur de l’identité du Canada comme nation (nous entendons par là l’idée que, sur un plan fondamental, les Canadiens sont les mêmes ou qu’ils partagent un «destin» commun)5 . Quel est ce collectif dont on fait l’histoire ? Quelles sont ses origines ? Quelles questions poset-on pour en connaître le passé ? En fin de compte, Morton propose un récit qui tâche de cerner une collectivité (pan)canadienne, qu’on la nomme «peuple » ou «nation»

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