La pensée colonisatrice au Québec et les sciences coloniales européennes : influences exogènes et circulation de savoirs (1888-1922)

La pensée colonisatrice au Québec et les sciences coloniales européennes : influences exogènes et circulation de savoirs (1888-1922)

  • Auteur(e): Martin Crevier
  • Dossier: Le colonialisme dans le Québec contemporain
  • Type: Article

Résumé

Le présent article explore la place et la forme d’influences exogènes dans l’élaboration et dans l’évolution de la pensée colonisatrice au Québec, de la fin du XIXe siècle aux années 1920. Il retrace la manière dont les penseurs de la colonisation s’alimentent, à travers des réseaux d’échanges transnationaux, aux savoirs coloniaux qui s’institutionnalisent et se constituent concomitamment entre colonies et métropoles euroaméricaines à mesure que progresse le XIXe siècle. Des penseurs français, tels les géographes Onésime Reclus (1837-1916) et Marcel Dubois (1856-1916) ou encore l’économiste Paul Leroy-Beaulieu (1843-1916), sont en effet à la source d’idées, d’imaginaires et d’assises conceptuelles qui servent à deux générations de Canadiens français intéressés par la colonisation. Le Québec en vient donc à être pensé, notamment à travers la comparaison, sur le même plan que d’autres espaces coloniaux. Comme le met en lumière le cas plus particulier du géographe Émile Miller (1884-1922). Cette circulation influe également sur la conception de l’État provincial et sur son rôle attendu dans l’accaparement d’un domaine national qui croît.

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