Une scierie privée chez les Mi’gmaq de Listuguj : colonialisme, tensions interraciales et divisions communautaires (1902-1948)

Une scierie privée chez les Mi’gmaq de Listuguj : colonialisme, tensions interraciales et divisions communautaires (1902-1948)

  • Auteur(e): David Bigaouette
  • Dossier: Le colonialisme dans le Québec contemporain
  • Type: Article

Résumé

En 1902, la Chaleurs Bay Mills s’installe exceptionnellement sur des terrains en location de l’église des Capucins et de la réserve des Mi’gmaq de Listuguj après que les principaux intéressés, le département des Affaires indiennes, les missionnaires capucins et les Mi’gmaq se soient prononcés en faveur de cette industrie privée par ses avantages économiques. Au fil du temps, la compagnie de la scierie ne respecte pas certains engagements prévus selon les ententes et cherche à acquérir plus de territoires de la communauté, jusqu’à utiliser les outils législatifs disponibles pour tenter une expropriation de la réserve. Parallèlement, la venue d’ouvriers blancs installés dans la communauté pour le travail à la scierie suscite des tensions interraciales et soulève des débats au sein de la population mi’gmaw quant au système de location de maisons et sur la gestion de la population blanche. Cet article vise à rendre compte comment se mettaient en place des politiques donnant le droit à une scierie privée d’occuper une partie d’une réserve autochtone pour des fins économiques, comment des industriels ont tenté de prendre possession du territoire et comment cette présence industrielle et de colons ouvriers eurent de nombreux effets sur la gestion des terrains par la communauté, sur la cohésion sociale de la population et dans ses sphères sociopolitiques et économiques.

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