Jacques Rouillard, Le mythe tenace de la folk society en histoire du Québec, Québec, Septentrion, 2023, 216 p.

Jacques Rouillard, Le mythe tenace de la folk society en histoire du Québec, Québec, Septentrion, 2023, 216 p.

  • Auteur(e): Gabriel Jarvis
  • Dossier: Hors dossier
  • Type: Compte rendu

Extrait

Jacques Rouillard, professeur émérite en histoire de l’Université de Montréal et spécialiste de l’histoire du syndicalisme, dans Le mythe tenace de la folk society en histoire du Québec, remonte le fil de la mémoire collective et celui de l’historiographie québécoise en dépouillant des études effectuées sur la société canadienne-française par des sociologues anglo-saxons. Ces derniers auraient créé, du passé québécois, une image de noirceur qui dure encore. Pour l’historien, ces sociologues ont appliqué au Canada français un cadre théorique évolutionniste dans lequel les sociétés atteindraient la modernité lorsqu’elles seraient urbanisées et industrialisées. Apparaîtrait d’abord une société primitive, c’est-à-dire « une petite société, isolée, illettrée, homogène avec un sens profond de solidarité, détenant une culture traditionnelle avec des liens familiaux étroits, accordant beaucoup d’importance au sacré et articulant une économie peu liée au marché » (p. 21). Le Canada français incarnerait ce modèle. Rouillard explique, en trois parties et dix chapitres, comment cette vision anglo-saxonne a influencé les intellectuels québécois des années 1950 et 1960, ceux des années 1970 et 1980, dont les études sont marquées par une reconfiguration nationaliste, et ceux de l’historiographie actuelle, qui inscrivent leurs travaux dans une approche culturelle.

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