Éric Poirier, Le piège des langues officielles. Québec et les minorités francophones dos à dos, Québec, Septentrion, 2022, 500 p.

Éric Poirier, Le piège des langues officielles. Québec et les minorités francophones dos à dos, Québec, Septentrion, 2022, 500 p.

  • Auteur(e): Antoine Brousseau Desaulniers
  • Dossier: Hors dossier
  • Type: Compte rendu

Extrait

Ce livre du juriste Éric Poirier[1] débute sur un constat : à huit occasions dans l’histoire canadienne récente[2], le Québec et les minorités francophones du reste du Canada se sont présentés divisés devant la Cour suprême du Canada (CSC). Ces affaires concernaient différents aspects des droits linguistiques des minorités. Par exemple, dans l’affaire Mahé c. Alberta (1990), le procureur général du Québec intervenait devant la CSC pour plaider – sans succès – que le droit à l’enseignement dans la langue de la minorité prévu par l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés ne comprend pas le droit de gestion et de contrôle des écoles. Si cette division paraît curieuse a priori au néophyte de l’histoire canadienne, elle trouve une justification évidente sur le plan juridique. Du côté québécois, on estime que toute interprétation large du droit des minorités francophones donne de nouvelles armes aux opposants de la loi 101, menaçant la politique linguistique du Québec et minant ainsi la souveraineté de son Assemblée nationale. Du côté de la francophonie canadienne, l’analyse est la même : une augmentation des droits de la minorité anglophone du Québec se traduirait par des gains pour les francophones hors Québec.

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