À la (re)découverte de l’oeuvre de Camille Laurin

À la (re)découverte de l’oeuvre de Camille Laurin

  • Auteur(e): Alexandre Klein et Martin Pâquet
  • Dossier: À la (re)découverte de l’oeuvre de Camille Laurin
  • Type: Présentation de dossier

Extrait

Pour qu’elle porte tout son fruit, la démocratie doit devenir culturelle autant que politique, sociale ou économique. Pour que s’actualise son droit à la culture, le citoyen doit pouvoir accéder librement et facilement à tous les biens culturels, malgré les contraintes géographiques, économiques et sociales. Il doit pouvoir utiliser pour le développement de ses talents et de ses capacités créatrices les ressources de la collectivité. Il doit pouvoir enfin participer avec ses proches, au gré de ses affinités, dans toutes les communautés dont il fait partie à l’élaboration d’une culture vivante, qui exprime à la fois son identité et ses choix existentiels[1].

En nos temps, il est rare de trouver un énoncé de politique publique s’ouvrant sur une pareille prescription normative, qui repose sur une conception humaniste des potentialités du zoon politikon. Par le foisonnement de ses pistes interprétatives, celle-ci n’est pas sans plaire au regard de l’historien.ne. Elle situe l’acteur socio-historique – le citoyen, la citoyenne – comme le principal acteur du fait social – la collectivité, la culture, la démocratie. Elle le considère sous de nombreuses facettes, à la fois empiriques et idéelles. Elle lui attribue une finalité à son action – son épanouissement plein et entier –, comme la guérison est l’objectif ultime de toute thérapie. Cette déclaration traduit la réflexion, sinon l’introspection, de son auteur, une réflexion toute tendue vers son accomplissement. Or, son auteur n’est nul autre que le psychiatre et homme politique Camille Laurin.

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