La division institutionnelle du travail intellectuel

La division institutionnelle du travail intellectuel

  • Auteur(e): Pierre Milot
  • Dossier: Les intellectuels et la politique dans le Québec contemporain. Actes du colloque du 20 mai 1994
  • Type: Article

Extrait

De la fin des années 1980 au début des années 1990, trois essais littéraires ont occupé la vitrine médiatique du champ intellectuel québécois : La petite noirceur et L’amour du pauvre de Jean Larose et La génération lyrique de François Ricard. Mais je pense qu’une méprise s’est installée en ce qui concerne ces trois essais : une méprise qui tient surtout au fait que la critique littéraire n’a pas vu (selon le principe de la « lettre volée ») que l’enjeu principal de l’un ou l’autre de ces ouvrages, qui portaient sur la réalité sociale et culturelle des années 1980 et 1990, procédait d’une régression : que les deux essayistes en question, tout en se donnant le prétexte de débattre de questions en litige dans l’espace social de cette fin de siècle, se livraient en fait à la rumination compulsive d’un contentieux de notoriété intellectuelle et de légitimité institutionnelle issu d’un différend datant des années 1970.

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