Le deuil comme consensus. Les rituels funéraires des responsables politiques au Canada et au Québec, 1868-2000

Le deuil comme consensus. Les rituels funéraires des responsables politiques au Canada et au Québec, 1868-2000

  • Auteur(e): Martin Pâquet
  • Dossier: Rituels et cérémonies du pouvoir du XVIe siècle au XXIe siècle
  • Type: Article

Extrait

Au-delà de l’affrontement, les rites et les rituels permettent aux acteurs politiques de faire consensus sur des points communs. Ces rites d’inauguration, de passage, d’institution font partie du paysage politique. Ils nécessitent un protocole, plus ou moins formel, des acteurs aux rôles définis, et surtout un public sans lequel la légitimité de l’autorité ne peut être. Avec l’accession au pouvoir de la bourgeoisie durant le XIXe siècle, cette dernière emprunte ces rites consensuels qui existaient auparavant dans la société d’ordre. Ce faisant, les élites politiques assurent une cohésion forte entre les gouvernés autour de valeurs communes et dites « traditionnelles ». Par ces rites et ces rituels, les élites cherchent aussi la réaffirmation du consentement à l’autorité établie et à ceux et celles qui l’incarnent. Elles affirment également la pérennité de cette même autorité politique puisque les rites, en se répétant, s’inscrivent dans la mémoire. D’où l’importance de la médiatisation de ces cérémonies rituelles, de ces spectacles.

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