Réponse à Thierry Nootens et Yves Gingras

Auteur(e): Geneviève Dorais
Dossier: Hors-dossier
Type: Idées

Extrait

Le texte de Geneviève Dorais, «Racisme anti-noir et suprématie blanche au Québec : déceler le mythe de la démocratie raciale dans l’écriture de l’histoire nationale», paru dans le numéro 29.1 (automne 2020) du BHP n’a pas été sans susciter des réactions. Nous publions dans ce numéro un texte signé Yves Gingras et Thierry Nootens, et un autre, de Jean-Philippe Warren. Nous avons donné, comme il se doit, le droit de réponse à Geneviève Dorais. Bonne lecture !

La grande historienne de l’Amérique latine Florencia Mallon, aujourd’hui retraitée, commençait toujours ses séminaires de la même façon. Peu importe le sujet abordé, elle conviait le groupe à une réflexion sur la démarche méthodologique en histoire. Mallon se méfiait de deux extrêmes dans la pratique historienne. Elle défiait tout autant les historien.ne.s qui plaçaient la garantie de l’objectivité dans la connaissance et la bonne foi, que celles et ceux qui annonçaient la fin de notre discipline en raison de la remise en question de vérités absolues. Mallon préférait à ces refrains bien connus une définition plus constructive et exigeante du concept d’objectivité. «Objectivity [écrit Mallon] does not mean avoiding or hiding our own beliefs, but working from an understanding of what they are. Objectivity, while absolutely crucial to our work, is not an endpoint, but a process.» Mallon invitait ainsi ses pairs à une forme de pacte. S’il est primordial d’aspirer à une objectivité historique dans nos travaux, impossible de le faire sans inclure un travail d’introspection en amont de cette démarche.

Consulter en ligne (via Érudit) 


Imprimer