Sur le divan de l’histoire

Auteur(e): Jean-Philippe Warren
Dossier: Hors-dossier
Type: Idées

Extrait

Le texte de Geneviève Dorais, «Racisme anti-noir et suprématie blanche au Québec : déceler le mythe de la démocratie raciale dans l’écriture de l’histoire nationale», paru dans le numéro 29.1 (automne 2020) du BHP n’a pas été sans susciter des réactions. Nous publions dans ce numéro un texte signé Yves Gingras et Thierry Nootens, et un autre, de Jean-Philippe Warren. Nous avons donné, comme il se doit, le droit de réponse à Geneviève Dorais. Bonne lecture !

Dans un texte récent du Bulletin d’histoire politique, la professeure Geneviève Dorais affirme que la quasi-totalité des historiennes et historiens québécois entretiendrait des réflexes anti-Noirs inconscients ; selon elle, je n’arriverais pas moi-même à me libérer d’une «subjectivité blanche et francophone». Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire du Québec, il y a de cela plus de vingt ans, il fut quelques collègues qui, apprenant que j’étais le fils d’une immigrante palestinienne et d’un père d’origine écossaise, m’ont suspecté de ne pouvoir écrire sans préjugés sur un groupe (les Canadiens français) qui n’était pas le mien. M’auraient-ils parlé de mon inconscient que j’en aurais été encore plus perplexe. Je trouvais hier, et je trouve toujours aujourd’hui ce genre de jugement sur tout un chacun hors de propos, pour ne pas dire davantage. 

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