Paradoxes de la pandémie : l’exceptionnel normal

Auteur(e): Martin Pâquet
Dossier: Hors-dossier
Type: Éditorial

Extrait 

On veut tous en finir avec cette pandémie le plus vite possible. […] Les retards temporaires que de nombreux pays connaissent actuellement dans la réception des vaccins représentent un obstacle, mais on s’y était préparés. […] Les gens sont tannés de cette pandémie. Ils veulent savoir quand l’hiver sera fini. Ils veulent savoir quand ils pourront reprendre leur vie d’avant. […] Je sais qu’on est tous épuisés. Je sais qu’on a tous hâte de savoir nos proches en sécurité. De reprendre notre vie normale. On le vit nous aussi. […] Je veux donc rassurer les Canadiens en leur disant qu’on est sur la bonne voie. […] L’été et les mois à venir vont aller mieux que cet hiver présentement. Merci tout le monde.
Justin Trudeau, 5 févrirer 2021.

Débités avec son style inimitable, d’un registre quelque peu différent de celui du lyrisme churchillien, ces éléments d’un discours récent du premier ministre canadien Justin Trudeau sur l’imminence de la campagne de vaccination touchent néanmoins, en discernant sous une banalité apparente, à des éléments fondamentaux du politique. Ces éléments renvoient aux paradoxes de l’exceptionnel normal. En effet, le politique n’est pas seulement affaire de rapports de force ou de mobilisations autour d’un projet. Il renvoie aussi à la tension traversant les attentes des citoyens et citoyennes en temps de crise : ils et elles vivent une période d’exception qui nécessite des réponses tout aussi exceptionnelles, mais, du même coup, ils et elles souhaitent un retour rapide à la normalité. 

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