Nationalismes périphériques, ethno-nationalisme canadien et chronologie : aux origines du communautarisme acadien

Auteur(e): Joel Belliveau
Dossier: Francofugies et francopéties
Type: Article

Extrait

Des causes contextuelles au communautarisme acadien ?

De nombreux auteurs ont déjà observé, utilisant des concepts variés, que les Acadiens, parmi toutes les minorités linguistiques du continent, ont l’une des identités collectives les plus affirmées[1]. Retenons pour l’instant la « cartographie mentale alternative » du fait français en Amérique du Nord proposée par Joseph Yvon Thériault en 2008. Celle-ci est structurée autour de deux axes, représentant chacun un continuum distinct, qui divisent les multiples réalités francophones minoritaires du continent en quatre tableaux, désignant autant de types de minorités[2] (voir figure 1).

Selon l’évaluation de Thériault[3], les communautés acadiennes (tant celle du Nouveau-Brunswick que celles des autres provinces maritimes et des Cajuns louisianais) seraient caractérisées par un plus haut degré de communautarisme[4] que les autres francophonies minoritaires. Il existe effectivement au sein des communautés acadiennes un discours communautaire (le plus souvent désigné comme étant « national ») cohérent, présentant une identité culturelle forte ainsi qu’une mémoire bien définie, auquel s’identifie une portion substantielle de la population[5]. Ce sentiment communautaire fort peut même sembler aller de soi lorsqu’on est dans les régions acadiennes des Maritimes, où l’on en retrouve constamment des signes (drapeaux, décorations aux motifs du drapeau, festivals et autres manifestations culturelles, médias et discours médiatiques, institutions communautaires, valorisation élevée du bilinguisme officiel et du principe de la « dualité linguistique[6] », etc.).

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