Une mutation du paysage politique

Auteur(e): Michel Sarra-Bournet
Dossier: Hors-dossier
Type: Éditorial

Extrait

On sait que le Québec n’a jamais été isolé des grands courants intellectuels, socio-économiques et politiques. Bien avant que ne s’impose le paradigme de l’histoire-monde, des historiens avaient interprété l’histoire du Québec en parallèle avec celle des autres démocraties occidentales. Il y a plus de vingt ans, l’historien Ronald Rudin avait relevé ce tournant de l’historiographie québécoise, tout en critiquant l’oubli de certains aspects particuliers de notre histoire[1]. Plus récemment, notre regretté collègue Marcel Bellavance publiait un ouvrage inscrivant les Rébellions des Patriotes dans le grand courant libéral et nationalitaire de leur époque[2].

Ainsi, au Québec comme ailleurs, l’histoire évolue au gré de dynamiques internes et externes. S’agissant de la politique, celle des partis qui luttent pour le pouvoir dans l’État, on observe des mouvements lents qui sont parfois exacerbés par notre mode de scrutin. En 1960, le passage de l’ère de Duplessis à celle de la Révolution tranquille fut dramatique, mais il ne résultait que d’un basculement de quelque 6 % des voix. Pourtant, ici comme ailleurs, le paysage politique était en train de changer depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il s’est ensuivi à terme une modification du système de partis, c’est-à-dire de la mise en place d’une nouvelle configuration de deux partis s’échangeant le pouvoir. Le couple Union nationale-Parti libéral a cédé la place à celui formé du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ).

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