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L’État canadien contre le Parti de l’unité nationale et Adrien Arcand

Auteur(e): David Rajotte
Dossier: Hors dossier
Type: Article

Extrait

Adrien Arcand a été l’objet de deux biographies et de quelques mémoires de maîtrise au cours de la décennie 2010. On peut certes apprécier ce nombre d’études, mais une absence doit être notée dans ces recherches. Les auteurs s’intéressent peu aux actions de l’État envers le chef fasciste. Les documents provenant de ministères, de tribunaux ou de la police ne sont à peu près pas utilisés par les chercheurs. Ce sont essentiellement les nouvelles de journaux qui servent à traiter de l’attitude des autorités envers le fascisme canadien. Délaisser les archives gouvernementales mène à plusieurs erreurs de faits et d’interprétation. Jean-François Nadeau, un des biographes, avance, par exemple, que William McDuff, partisan néo-écossais d’Arcand, a été interné. Les policiers ne l’ont pourtant jamais même rencontré, comme on le verra dans la suite de cet article. McDuff n’est en fait pas le seul individu présenté comme prisonnier par Nadeau dont le nom n’apparaît nulle part dans les archives de l’internement. Hugues Théoret relate pour sa part son insuccès à retrouver des documents produits par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur Arcand, alors qu’ils sont à Bibliothèque et Archives Canada. Théoret estime globalement que l’État faisait preuve d’une certaine complaisance envers Arcand. Il dit notamment que la police fédérale se méfiait davantage des communistes que des fascistes, parce que plus de rapports ont été produits concernant les premiers que les derniers. Il oublie de demander si cela pourrait s’expliquer par le fait que le communisme avait probablement plus d’adhérents au Canada et qu’il était mieux organisé. Jonathan Tremblay consacre pour sa part un mémoire de maîtrise dans lequel il tente notamment de montrer que l’État faisait preuve de tolérance envers Arcand. Selon lui, son incarcération est d’abord due à la vigilance de groupes de la société civile. Il utilise cependant très peu de documents gouvernementaux pour appuyer ses dires.

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