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Dénominations multiples et commémoration : le cas de Marie-Claire Kirkland

Auteur(e): Frédéric Lemieux
Type: Chronique d'histoire parlementaire

Extrait

L’évolution des patronymes au Québec depuis le XVIIe siècle est un phénomène qui a été étudié par de nombreuses équipes pluridisciplinaires. La Bibliothèque de l’Assemblée nationale s’est appuyée sur ces travaux, entre autres, pour préciser des patronymes incertains au sein du groupe des parlementaires québécois qui ont siégé depuis 1764. En effet, certains d’entre eux ont soit un nom à la graphie variable, un nom dit ou ont l’habitude de signer leur patronyme de plusieurs façons.

Au sein de cet ensemble composé d’environ 1725 individus, le sous-groupe des femmes parlementaires se distingue de plusieurs façons. Son existence récente – 134 femmes ont été élues depuis 1961 – coïncide avec une période sociopolitique marquante pour l’évolution des droits des Québécoises. La réforme du Code civil de 1981 attire particulièrement notre attention en raison de sa portée sur leur dénomination. Ainsi, plusieurs élues portent le patronyme de leur mari durant leur carrière politique ou l’accolent à leur nom de jeune fille. Reprendre celui-ci plus tard dans leur vie suscite plusieurs interrogations dans un milieu institutionnel comme l’Assemblée nationale : comment nommer ces femmes dans les communications officielles et dans un outil de référence comme le Dictionnaire des parlementaires québécois de 1764 à nos jours ? Quels critères doit considérer un historien pour déterminer avec exactitude le nom à conseiller aux autorités qui, elles, souhaitent dénommer une salle de l’hôtel du Parlement ou ériger un monument à la mémoire d’une femme politique ? Doit-on suivre la règle de la Commission de toponymie, qui préconise d’utiliser le « nom sous lequel elle est la mieux connue ? »

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