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L’oeuvre de François-Xavier Garneau : de l’Histoire et du savoir historique

Auteur(e): Micheline Cambron
Dossier: L'oeuvre de François-Xavier Garneau
Type: Présentation de dossier

Extrait

Ce dossier sur François-Xavier Garneau est né à l’initiative de la Société historique de Montréal, à l’occasion du 150e anniversaire de sa mort. Considéré d’abord comme « historien national », même s’il fut aussi poète, fondateur de journaux et animateur de la vie intellectuelle de Québec, François-Xavier Garneau est un personnage omniprésent dans l’espace public québécois (toponymie, monuments, etc.), il est même depuis peu personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec. Pourtant son grand oeuvre, l’Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, demeure méconnu et nous sommes nombreux, tant historiens que littéraires, à soupçonner qu’il a été relativement peu lu, du moins au-delà des récits emblématiques qui seront reproduits dans des ouvrages de toute nature au long du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Cela tient entre autres au fait que cette oeuvre n’est guère disponible. Actuellement, nous ne disposons, en édition courante, que de celle préparée par Gilles Marcotte, qui donne à lire les livres I et II de même que le « Discours préliminaire » de la première édition, dans un format commode qui favorise l’enseignement. Il y a bien la version numérisée par BAnQ accessible électroniquement, mais cela n’est guère commode et l’absence totale d’appareil critique prive le lecteur de toute information subsidiaire utile. L’édition précédente, publiée par les Éditions de l’Arbre à partir de l’édition parisienne de la Librairie Félix Alcan, est quant à elle proprement illisible, brouillant les voix énonciatives, mêlant les propos de Garneau, ceux d’historiens qui lui sont postérieurs et ceux de son fils Hector dans une sorte de catalogne discursive dans laquelle des informations nouvelles sont ajoutées à celles patiemment recueillies par Garneau lui-même, sans trace de discontinuité. Ce difficile accès à l’oeuvre forme un intéressant contraste avec l’intérêt qu’on lui porte dans les cercles intellectuels, et avec le statut quasi mythique qu’occupent le texte et l’historien dans l’imaginaire social québécois.

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